Cette année, de nouveau, avec les jeunes du diocèse de Toulouse, nous sommes repartis en pèlerinage à Taizé du 16 au 23 février.
Nous sommes donc partis le dimanche 16 février au matin, très tôt, et huit heures de bus plus tard, nous sommes arrivés à Taizé où nous avons retrouvé ou découvert les lieux : l’église de la Réconciliation, les salles d’ateliers, nos dortoirs, les sanitaires, la « big kitchen» etc.
Nous avons participé toute la semaine à des temps d’échange sur des textes de la Bible, avec des français pour certains et avec des suédois, des américains pour ceux qui étaient au groupe international ou encore fait des activités ensemble pour les jeunes majeurs du groupe ! À Taizé, les services sont aussi très importants car ils permettent de faire vivre la communauté ! Pendant une semaine, nous avons donc vécu des temps très forts qui, au-delà de nous faire rencontrer d’autres jeunes croyants, nous ont fait approfondir et renforcer notre foi.
En effet, le rythme de la prière trois fois par jour (le matin avant le petit déjeuner, le midi avant le repas et le soir avant le coucher) et la messe si on le souhaite nous permet de mettre le Seigneur au centre de chacune de nos journées. Les chants, la louange et le silence que nous vivons à Taizé sont également un appuis dans notre relation avec Dieu. Le silence n’est pas forcément quelque chose que nous pratiquons dans nos paroisses pourtant, à Taizé, chaque prière comprend environ 10 minutes en silence où chacun est invité à prier. C’est un moment fort car malgré le fait que nous étions seules dans nos prières respectives, nous avons été entourées par d’autres croyants qui priaient eux aussi et ainsi nous avons réellement ressentis la force de la prière et la place que peut prendre celle ci dans nos vies respectives ce qui nous pousse davantage à prier.
Les rencontres que nous avons faites nous ont réchauffé le cœur et nous repartons remplies d’amour et de joie. Nous avons hâte de repartir l’année prochaine si cela est possible, avec le plus grand nombre de monde possible, pour faire découvrir à tous ce lieu si fort, où l’unicité des chrétiens est le maître mot et où chacun tend à créer la paix autour de lui (comme en témoigne la prière pour la paix en silence pendant 30 minutes tous les vendredis soirs).
Quelques témoignages de jeunes :
Abigaëlle, 17 ans :
“ Il y a deux ans environ, je faisais mon premier Taizé, avant mon baptême. C’était un moment très fort mais malgré ma foi en Dieu et ma certitude de son existence, je me sentais fléchir dans mes prières, dans ma vie de foi qui n’avait pourtant même pas encore commencé. Alors j’ai prié, j’ai prié pour que le feu en moi se revigore.
Un soir à Taizé, après la prière, je me suis évanouie mais si cela arrive souvent à Taizé, à cause du manque d’hydratation, ou de nourriture, mêlés à l’émotion, pour moi ce n’était pas cela. J’ai senti que le Saint Esprit s’était posé sur moi. Tandis que j’entendais le monde autour de moi et que mon corps faisait des signes de croix, je me suis sentie transportée et il y avait une chaleur en moi : ma foi était de nouveau un feu ardent !”
Paul, 18 ans :
“La foi n’est pas un sentiment, ça peut l’être, mais en réalité, ce n’est pas dans un sentiment que la foi pourra tenir. C’est dans la persévérance de la foi en Jésus que nous tenons à devenir chrétiens.
Pour que vous compreniez mieux, je vais vous donner 2 brisures :
– la première étant l’époque où mon père a été violent avec moi et avec ma mère en particulier, j’ai persévéré à croire en une puissance qui aiderait ma famille et aujourd’hui mon père est pardonné.
– La deuxième se marque par le cancer que ma mère a eu, elle aurait pu, ne jamais revenir à nous, mais j’ai tellement préservé et espérer en priant un dieu que je ne connaissais pas, qu’aujourd’hui, j’ai le droit à recevoir des “je t’aime” avant de me coucher.
Et j’aimerais terminer sur le fait que Taizé représente la persévérance de la foi comme le rêvait le frère Roger (le fondateur de la communauté de Taizé). Mais c’est aussi l’espérance de mère Teresa qui, dans son lit d’hôpital ne ressentait plus Dieu, mais qui a pourtant continué à prier jusqu’à mourir.
Amen”
Manon, 17 ans :
“Bonjour à tous, je m’appelle Manon, je viens de l’aumônerie Bruguières-Fenouillet, je suis partie cette année pour la 3eme fois à Taizé. Venir ici c’est chaque année une expérience très différente, qui me permet de sortir de ma vie quotidienne.
Je viens d’une famille chrétienne catholique pratiquante, j’ai été baptisée enfant et élevée avec la religion. Au collège, j’ai beaucoup douté et interrogé le rôle de l’Eglise dans ma vie, notamment en tant qu’adolescente, me sentant parfois à l’écart à cause de ma foi.
À Taizé, j’ai rencontré d’autres jeunes, qui viennent de nombreuses confessions religieuses différentes, croyants ou non, originaires des quatre coins du monde. C’est un lieu d’unité pour tous ceux qui cherchent un moment de paix.
A travers des chants, des moments de partage, des temps de silence, des repas ou des promenades partagés, j’ai réalisé que je n’étais pas seule à me questionner, et cela m’a fait un grand bien.
Aujourd’hui, je rentre de Taizé apaisée dans ma foi, enrichie de nouvelles expériences, de
nouvelles rencontres et avec l’envie de faire découvrir aux autres la beauté de Taizé !”